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Définir l’historique exact de ce qu’on appelle au Québec la poncture physiothérapique avec aiguilles sèches (PPAS) ou l'utilisation d’aiguilles sous le derme (UASD) est une tâche politiquement délicate. Il faut dire que la pratique de l’aiguille sèche (anglais : dry needling) peut se rapprocher de l’acuponcture dans plusieurs aspects. La poncture physiothérapique avec aiguilles sèches se distingue de ce qu’on appelle l’acuponcture traditionnelle du fait qu’elle n’a dans aucun cas recours aux concepts de médecine traditionnelle chinoise (méridiens, circulation d’énergie, etc.). Elle se base exclusivement sur des concepts scientifiques contemporains, incluant, entre autres, la neurologie, l’immunologie, la biologie moléculaire, la physiologie et l’anatomie. Vue de cette façon, toute poncture sans injection selon un rationnel médical scientifique pour améliorer les signes et symptômes d’une pathologie donnée devrait selon moi être considéré comme pratique de l’aiguille sèche. Historiquement, de la même façon qu’une grande partie des médicaments d’aujourd’hui se compose de plantes médicinales utilisées depuis plusieurs centaines d’années dans les médecines traditionnelles du monde, la PPAS s’est en partie développée par l’observation et l’étude des méthodes traditionnelles d’acuponcture asiatique.

 

Il importe de noter que l’étymologie du mot acuponcture se définit comme -acu- pour aiguille et -poncture- pour poncture. De ce point de vue, toute action d’utiliser une aiguille pour faire une poncture serait de l’acuponcture, la poncture physiothérapique avec aiguilles sèches (PPAS) ou l'utilisation d’aiguilles sous le derme (UASD) ou le «dry needling» serait donc étymologiquement de l’«acu»-«puncture». Il devient alors confondant d’utiliser ce terme puisque certains l’utilisent pour faire référence aux méthodes d’acuponcture traditionnelle asiatique et tandis que d’autres l’utilisent en référence à des méthodes d’acuponcture contemporaine qui utilise des fondements plus scientifiques, incluant des techniques d’aiguilles sèches. Au Québec, la PPAS n’est pas considéré comme de l’acuponcture, c’est d’ailleurs une bonne façon de se différencier des concepts d’acuponcture basée sur la médecine traditionnelle chinoise. Je précise aussi qu’au Québec ces méthodes sont pratiquées par des physiothérapeutes qui possèdent un niveau d’éducation universitaire en science de la santé, l’acuponcture est une technique de niveau collégial qui passe beaucoup de temps à l’étude des concepts de médecine traditionnelle chinoise et très peu à l’étude de la médecine actuelle.

 

Pour augmenter la confusion, il existe différentes définitions et différentes façons de poser les législations dans différentes provinces et pays. Par exemple, dans certains endroits les physiothérapeutes ou les médecins peuvent pratiquer l’acuponcture de façon générale et toutes les techniques de «dry needling», d’autre politique restreignent les professionnelles à n’utiliser que les techniques de «dry needling» et ne peuvent pratiquer des techniques d’acuponcture traditionnelle chinoise qui sont réservés aux acupuncteurs. Il faut aussi considérer les différentes façons de nommer les techniques, la poncture physiothérapique avec aiguilles sèches (PPAS) ou l'utilisation d’aiguilles sous le derme (UASD) au Québec est de façon générale l’équivalent du «dry needling» ou de l’«Intra-Muscular Manual Therapy» (IMT) aux États-Unis.

 

C’est au 17e siècle que l’on retrouve des traces de l’intérêt de l’utilisation d’aiguille en médecine, alors qu’un médecin allemand, Willem Ten Rhijne, rapporte ses observations de l’acuponcture traditionnelle. À ce moment, la communauté médicale porte peu d’attention au phénomène puisque lors de dissection de cadavre, les anatomistes ne trouvèrent aucune trace des méridiens, ces lignes où l’énergie devrait circuler selon la médecine traditionnelle chinoise. Il semble qu’au début du 19e siècle, certains livres médicaux, en France, Italie et en Angleterre commencèrent à recommander l’usage de l’acuponcture. En 1821 et en 1828, un médecin anglais, JM Churchill publie deux livres dans lesquels il décrit des techniques de traitement d’acuponcture pour ce qui appelle la rheumatalgia (littéralement douleur articulaire). Le développement de l’acuponcture «occidentale» sera au ralenti pour le reste du 19e siècle, potentiellement en lien avec le manque d’explication scientifique des mécanismes de fonctionnement. En 1912, dans la 8e édition de son manuel intitulé : «The Principles and Practice of Medicine», un médecin anglais de l’Université d’Oxford écrit : “...For lumbago, acupuncture is in acute cases the most efficient treatment. Needles of from three to four inches in length (ordinary bonnet needles, sterilised will do) are thrust into the lumbar muscles at the seat of the pain and withdrawn after five to ten minutes...”. Clairement, on reconnaît dans cet extrait une utilisation de l’acuponcture qui s’éloigne de la médecine traditionnelle chinoise.

 

C’est dans les années 1930s et 1940s que nous pouvons évoquer les premières études scientifiques qui se distinguent drastiquement de l’acuponcture traditionnelle. À ce moment, des médecins anglais commencent à publier des recherches sur les douleurs d’origines musculaires. En injectant des substances irritantes dans la musculature de sujets en santé, ils comparèrent les douleurs engendrées à des patients souffrant de symptômes similaires. Ils découvrirent qu’en injectant des substances analgésiques à ces endroits, ils pouvaient supprimer les symptômes de leurs patients.

 

Les développements se poursuivirent davantage aux États-Unis dans les années 1940s avec le docteur américain Janet Travell. Celui-ci dédia sa carrière aux douleurs d’origines musculaires. C’est dans les années suivantes et avec la publication de ses deux volumes que le monde commence à s’intéresser davantage à l’utilisation d’aiguille sèche. Les premières techniques décrivaient des techniques avec injections de substances analgésiques. Mais l’accumulation des évidences scientifiques démontre que, pour les douleurs causées par des points de tensions musculaires excessives, l’effet thérapeutique est dû à la poncture, crée par l’aiguille dans le muscle, qui «défait» la tension et non par l’agent injecté. Plusieurs études récentes démontrent que pour ce type de problème, il suffit donc de poncturer les points de tension, sans faire aucune injection, pour diminuer les symptômes. De ces démarches scientifiques s’est défini le terme anglais « Trigger Point Dry Needling », qu’on peut traduire comme « Aiguille sèche pour point gâchette». Les termes «dry» ou «sèche» sont utilisés pour définir les techniques d’aiguilles sans injections en opposition aux techniques avec injections («wet needling»).

 

Parallèlement aux développements médicaux scientifiques décrits ci-haut, d’autres équipes de recherches se sont récemment penché sur la compréhension des phénomènes de l’utilisation des aiguilles. Dans ces études, certains parlent de «dry needling», d’autres d’«acuponcture» ou plus spécifiquement d’«acuponcture traditionnelle» ou «acuponcture moderne occidentale». Pour ne donner que quelques exemples, certaines études cherchent à comparer l’effet de l’acuponcture traditionnelle au «dry needling», d’autres étudient l’effet des ponctures sur le cerveau par l’utilisation de résonnance magnétique fonctionnelle, d’autres recherchent à décrire les mécanismes d’actions locales au niveau moléculaire. Bref, la pratique médicale de l’aiguille sèche compte maintenant une quantité importante de données scientifiques qui permette de pratiquer sans avoir recours à la médecine traditionnelle chinoise.

 

La poncture physiothérapique avec aiguilles sèches (PPAS) ou l'utilisation d’aiguilles sous le derme (UASD) ou le «dry needling» est reconnue et pratiquée à travers le monde par plusieurs professionnels de la santé, par exemple des médecins, physiothérapeutes et chiropraticiens. C’est une pratique médicale encore jeune qui démontre un intérêt grandissant tant au niveau de la recherche scientifique que la pratique clinique.

 

Au Québec, c'est en 2002 que le gouvernement du Québec permet officiellement la pratique de l'UASD / PPAS et en fait un acte réservé aux physiothérapeutes. Ce sera seulement neuf ans plus tard, en 2011, que les premiers permis offciels de pratique de PPAS seront délivrés par l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec. En 2015, l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec suggère de changer la terminologie utilisée, l'utilisation d’aiguilles sous le derme (UASD) devient la poncture physiothérapique avec aiguilles sèches (PPAS).

HISTORIQUE DES AIGUILLES SÈCHES